EDITO
En 1976 j'ai publié un livre sous ce titre prémonitoire. Ma vie, comme les vôtres bien sûr, va de commencement en commencement. Vue de l'extérieur, elle pourrait même paraître décousue s'il n'y avait un fil conducteur ininterrompu qui la sous-tendait. En ce qui me concerne, ce fil rouge est depuis la fin de mon adolescence la recherche, sans doute utopique mais néanmoins permanente, de ce que Leibniz appelait "la philosophie éternelle" et qu'il serait sans doute plus pertinent de traduire par "philosophie pérenne ou permanente", philosophia perennis : ce niveau de pensée qui vaut aujourd'hui comme hier, ici comme dans tous les autres continents.
A 62 ans j'ai eu la surprise de voir la Chine débarquer dans ma vie et lui imprimer un tournant totalement imprévu. Mais ce n'était pas fini. Douze ans plus tard je me retrouve embarqué dans une nouvelle aventure chinoise qui marque une fois de plus, du moins je le pense, un nouveau commencement. Au cours de ces douze dernières années j'ai fréquenté assidûment avec mon ami chinois Zhu Ping et les nombreux groupes d'occidentaux que nous avons guidés sur les sentiers non battus de la Chine, la Montagne à hauteur des nuages, Qiyunshan, dans la province du Anhui. Les moines taoïstes qui célèbrent dans les deux grands Temples qu'elle compte ont pensé que Zhu Ping et moi étions les mieux à même de gérer, en consonance avec leur esprit taoïste, leur ancien monastère transformé en modeste hôtel (11 chambres, une salle à manger, une salle de réunion et une magnifique terrasse qui domine le grand Temple). Ils nous ont proposé, à la fin de l'an dernier d'en prendre la gestion.
Nous allons prendre possession des lieux à la fin de ce mois de Février et nous avons l'intention d'y créer un Centre de Culture Traditionnelle Chinoise ouvert bien sûr aux chinois comme aussi aux asiatiques férus de sagesse chinoise mais qui accueillera également tous les occidentaux qui ne désirent pas consacrer leurs séjours en Chine à la seule visite des grandes métropoles et au parcours hâtif des 22 provinces chinoises. Nous proposerons des séjours avec entretiens philosophico-spirituels ou encore historiques (sur l'évolution de la pensée en Chine), une initiation à la calligraphie (Zhu Ping est un très bon calligraphe et son père jouit d'une reconnaissance nationale), une pratique du Qi Gong avec des Maîtres locaux et, pour ceux que cela intéresse, une initiation à la langue et à la cuisine chinoises (en particulier taoïste).
Sans oublier les nombreuses ballades possibles dans cette montagne riche de paysages étonnants et de nombreuses traces d'un long passé taoïste qui remonte à la dynastie Tang (618 à 907 de notre ère). A l'horizon on peut contempler le massif de la Montagne jaune, Huangshan, que tous les artistes chinois ont désiré peindre depuis des siècles. (Une grande partie de l'exposition Montagnes célestes au Grand Palais en 2004, y était consacrée).
Ainsi une première séquence de ma vie s'est passée à Boquen, dans un monastère chrétien. Une nouvelle séquence (est-ce la dernière?) va se dérouler, au moins partiellement, dans un ancien monastère taoïste, au sommet de Qiyunshan.
La Revue Sources (anciennement Terre du Ciel) a publié dans son n°13 (décembre2009/février 2010) un long entretien que j'ai récemment accordé à Nathalie Calmé. Il complète ce bref éditorial. Vous trouverez sur le site de la revue la possibilité de commander ce n°, ainsi que la liste des librairies où l'on peut se le procurer : http://www.terre-du-ciel.fr/revue_sources.htm
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Qiyunshan
La Montagne à hauteur des nuages
L'ancien monastère, rénové, domine le Temple taoïste en activité.. Les moines mettront à notre disposition pour y créer une bibliothèque une salle au rez de chaussée d'un bâtiment qu'ils gardent par ailleurs à leur disposition. Les dons de livres en toutes langues y seront les bienvenus.
J'y séjournerai du 10 Mai au 6 juin, puis selon toutes vraisemblances du 14 août au 10 Septembre 2010.
L'acheminement se fait en avion par Shanghai, puis en bus ou en voiture (plus ou moins 400 km d'autoroutes) jusqu'à Huangshan City (dont l'ancien nom est Tunxi). Il existe aussi quelques vols entre Shanghai et Huangshan City. De nombreuses excursions sont possibles et facilement organisables à partir de Qiyunshan, la province du Anhui étant riche en sites touristiques : d'abord la célèbre et toute proche montagne de Huangshan, mais aussi l'une des montagnes bouddhistes les plus renommées de Chine : Jiuhuashan. Plusieurs villages anciens font partie du patrimoine de la Chine, voire du patrimoine de l'UNESCO : Hongcun, Xidi, Nanping, ou encore la ville aux arches, dans le comté du Shexian. Dans la province voisine du Jiangxi, Jingdezhen, la capitale de la poterie et de la porcelaine chinoise depuis 1700 ans, est désormais joignable par autoroute.
Pour ceux qu'un séjour à Qiyunshan intéresserait mais qui aimeraient le compléter par une visite plus classique de la Chine, nous serons en relation avec des agences pour programmer ces voyages, avec guides dans leur langue, voyages que, par contre, nous n'accompagnerons ni Zhu Ping ni moi parce que nous resterons sur notre montagne !
Cependant si un groupe constitué d'au moins huit personnes nous sollicite pour organiser un voyage hors des sentiers battus, ou dans d'autres montagnes taoïstes, comme nous l'avons fait pour les Université du Temps Libre de Lamballe, de Loudéac ou de Tréguier, nous sommes toujours disposés à répondre positivement à sa demande.
Enfin, ceux d'entre vous qui organisez stages ou séminaires, sachez que le lieu présente un cadre exceptionnel pour vos groupes.
J'envisage de créer prochainement un site en français et en anglais, pour le Centre de Culture traditionnelle Chinoise de Qiyunshan. En attendant, vous pouvez vous adresser à moi pour toute demande de renseignements complémentaires : b2@bernard-besret.com
liens utiles :
http://www.travelchinaguide.com/cityguides/anhui/
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Histoire de Boquen
J'ai eu récemment l'occasion de faire un dépôt complémentaire aux archives de l'Université de Haute Bretagne à Brest, grâce en particulier à la gentillesse d'amis qui m'ont fait parvenir des documents originaux qu'ils possédaient sur ce bel épisode du passé.
Le Professeur Yvon Tranvouez, Directeur du Centre de Recherche Bretonne et Celtique à l'Université de Bretagne Occidentale (Brest) et Madame Béatrice Goascoz continuent leurs travaux de recherche sur l'histoire de Boquen. Madame Goascoz à interviewé récemment certains des acteurs encore vivants de cette histoire, vieille maintenant de quarante ans. Je les remercie de leur collaboration.
Dans ce contexte, il m'arrive de me sentir un peu comme un monument historique ! Heureusement que la vie continue et va de commencement en commencement...